QUAND LA VIE S'ACHÈVE

LES DÉMONS EXISTENT-ILS?

Si Dieu a créé toutes choses, et que tout ce qu’il a créé est bon, peut-il avoir créé le diable?

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L’existence du démon est reconnue même en dehors de l’Église catholique. Il est question du démon dans toutes les grandes religions.

Les exorcismes, bien qu’ils ne soient pas fréquents, témoignent de la croyance en lui.

Le démon..., on lui crée parfois beaucoup d’espace dans nos préoccupations!

Dieu n’a pas créé le démon comme démon. Nous croyons plutôt que les démons sont des anges déchus, des esprits révoltés contre Dieu. Ces esprits superbes ont fait un choix, celui de s’opposer à Dieu. Puisqu’ils sont de purs esprits, ce péché si grave qu’ils ont commis en fut un d’orgueil et de désobéissance (2 P 2, 4).

Jean-Paul II déclarait: «L’Église, par le 4e Concile du Latran (1215), enseigne que le diable (ou Satan) et les autres démons ‘ont été créés bons par Dieu mais sont devenus mauvais par leur propre volonté’». C’est d’ailleurs ce que nous lisons dans saint Jude, 6, et dans saint Pierre (2 P 2, 4).

L’existence des démons a toujours été reconnue dans l’Église, même si, aujourd’hui, plusieurs croient qu’ils ne sont que les symboles du mal, nos représentations de ce mal qui règne un peu partout dans le monde.

Le 13 août 1986, le Pape crut bon de parler des mauvais anges car, disait-il, «cela permet d’éclairer ce qu’est la foi droite de l’Église face à ceux qui la faussent en exagérant l’importance du diable, face aussi à ceux qui la nient ou minimisent la puissance maléfique de celui-ci».

Satan est «l’ange tombé, l’esprit du mal, que l’on appelle encore diable ou démon». Satan, le «père du mensonge» (Jn 8, 44), cherche à nous rendre semblables à lui, à créer en nous la révolte contre Dieu. Il nous invite à agir «comme des dieux» (Gn 3, 5).

Par le péché originel, il exerce une certaine domination sur nous, domination à laquelle nous renonçons au moment de notre baptême.

Il est le «prince de ce monde» (Jn 12, 31, etc.), le «tentateur», «l’antichrist» (1 Jn 4, 3), le «dragon» dont parle l’Apocalypse (Ap 12, 3. 7, etc.). Il n’est pas seul; il a ses anges à lui (Mt 25, 41).

Satan nous tente de faire le mal. Soyons vigilants (I P 5, 8), prions pour lui résister (Mc 9, 29).

Il ne faut pas, cependant, tomber dans le dualisme, comme s’il y avait deux Dieux, le Dieu bon et le Dieu méchant. Le démon n’est qu’une créature déchue et sa puissance est limitée.

Les possessions diaboliques, l’influence du démon sur le corps humain, peuvent exister, mais il n’est pas facile de le discerner.

«Avant d’admettre un cas de possession, il importe d’épuiser à plein les possibilités de la médecine et de la psychiatrie» (cardinal Hoeffner).

Comme dit le Pape, «l’Église ne cède pas facilement à la tendance à attribuer de nombreux faits à des interventions directes du démon, elle ne la favorise pas» (13 août 1986).

Satan existe; le monde est facilement pervers; il y a en nous des tendances mauvaises. Sachons distinguer ces trois réalités.

Si, de nos jours, le rationalisme cherche à nier l’existence du démon, ce qui fait son jeu, car il cherche à se camoufler, n’oublions jamais, toutefois, la liberté et la responsabilité de l’être humain. N’oublions surtout pas l’action du Christ Jésus toujours vivant et agissant.

«C’est pour détruire les oeuvres du diable que le Fils de Dieu est apparu» (I Jn 3, 8).

«L’Église», dit le Pape, «participe à la victoire du Christ sur le diable» (20 août 1986). Elle le fait par la prière, rarement par l’exorcisme que l’évêque ne peut confier qu’à des prêtres sages et dignes de confiance.

«Autant il faut demander à Dieu de ‘nous délivrer de tout mal’, selon la prière du Pater», déclare le cardinal Joseph Suenens, «autant il faut éviter d’interpeller les esprits mauvais, sauf les cas extrêmes confiés à la sagesse de l’évêque ou de celui qui est dûment mandaté par lui».

La victoire finale, nous le savons, sera celle du Christ. Ne nous a-t-il pas arrachés à l’empire des ténèbres pour nous transférer dans son Royaume (Col 1, 13)?


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