QUELLE ATTITUDE ADOPTER VIS-À-VIS LE SACERDOCE DES FEMMES?
Je suis mal à laise face à lattitude des
femmes qui revendiquent la prêtrise dans lÉglise.
***
Il existe une controverse touchant lordination des femmes. Les pasteurs, canonistes, théologiens et théologiennes, expriment en une multitude de livres, de revues, darticles, des opinions diamétralement opposées...
La place de la femme dans lÉglise semble vouloir se concrétiser dans le ministère ordonné; sinon, elle est un leurre pour beaucoup. Les pasteurs de lÉglise, qualifiés parfois de misogynes, évolueront-ils là-dessus? Le peuvent-ils?
Vous êtes mal à laise face à lattitude des femmes qui revendiquent la prêtrise dans lÉglise. Vous avez droit à votre position qui est celle de lÉglise officielle.
Mais, respectez, sans devoir les approuver, les personnes qui diffèrent de votre opinion.
Si beaucoup souscrivent à la position actuelle du Magistère, sont davis que rien ne peut changer là-dessus sans trahir le Christ et cette longue Tradition qui remonte aux temps apostoliques, dautres, par contre, croient que, selon lexemple de lÉglise anglicane, la position de lÉglise peut et doit changer, quil existe une discrimination fondée sur le sexe et une culture patriarcale dépassée, que rien ne soppose théologiquement à lordination des femmes, que la Tradition doit rester vivante.
Il importe de discerner la volonté de Dieu. Cette volonté de Dieu nest pas simplement la satisfaction de notre pensée et de nos goûts personnels. La vocation au sacerdoce demeure toujours un appel, non pas dune foule, mais de Dieu. «Nul ne sarroge à soi-même cet honneur, on y est appelé par Dieu» (He 5, 4).
La femme a des richesses, des qualités et une mission que lhomme na pas. Elle a tout lieu de sen réjouir. Pour nous en convaincre, lisons le livre de Jo Croissant «La femme sacerdotale ou Le sacerdoce du coeur»; cest un trésor de sagesse à saveur biblique .
Le Seigneur faisait fi des préjugés de son temps et honorait la femme. Librement, il na choisi que des hommes pour le ministère sacerdotal. Le prêtre représente le Christ, lÉpoux qui se dévoue pour lÉglise, lÉpouse, au sein de lalliance nouvelle. Ce symbolisme, ancré dans lÉcriture Sainte, est important pour lÉglise Catholique et lÉglise Orthodoxe.
La femme, elle, représente Marie, Vierge, Épouse et Mère. Max Thurian, membre de la communauté oecuménique de Taïzé, France, souligne que les Églises qui ordonnent des femmes nont, en général, pas de communautés religieuses féminines.
Si nos pasteurs, surtout le pasteur suprême quest le Pape, insistent pour dire que la volonté de Dieu nest pas que les femmes soient ordonnées prêtres, je crois que cette prise de position comporte un élément important de discernement...
Rappelons-nous la déclaration «Inter insigniores» de Paul VI en 1977, celle de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi le 15 octobre 1986, et la lettre apostolique sur la «Dignité et vocation de la femme» de Jean-Paul II en 1988.
Il ne faut pas lire lÉcriture Sainte sans référence à la Tradition. Cette Tradition doit demeurer vivante, mais fidèle à elle-même. Il ne doit pas y avoir de hiatus, de brisure avec le passé, mais une croissance homogène. Cest au Magistère quest dévolu le discernement à cet égard. Quel que soit le désir, fut-il dune majorité, lÉglise ne peut pas faire ce quelle veut, pas même le Pape; lÉglise doit se conformer à la volonté du Christ.
Lattitude de lÉglise Catholique est aussi lattitude très ferme de lÉglise Orthodoxe, bien que certains théologiens et théologiennes orthodoxes commencent à se questionner à ce sujet. À la suite de la décision du Synode de lÉglise dAngleterre, le 11 novembre 1992, en faveur de lordination des femmes, le Patriarcat de Constantinople a exprimé son désappointement: «Quant à lordination des femmes, lÉglise Orthodoxe suit, pour des raisons théologiques, canoniques et historiques, la tradition séculaire de lÉglise indivise... Elle ne permet pas aux femmes laccès à la prêtrise et encore moins à lépiscopat, nexcluant cependant pas la possibilité de restaurer lordre distinct des femmes diacres, qui fut très répandu dans la pratique de lÉglise ancienne».
Le Pape lui-même réagissait devant cette position des Conférences de Lambeth. Il maintenait la position de Paul VI: «La Congrégation pour la Doctrine de la Foi estime devoir rappeler que lÉglise, par fidélité à lexemple de son Seigneur, ne se considère pas autorisée à admettre les femmes à lordination sacerdotale» (Inter insigniores).
Nombre de ministres anglicans, qui napprouvent pas la décision de leur Église dordonner des femmes, ont décidé de se joindre à lÉglise Catholique et, quelques-uns, à lÉglise Orthodoxe. Ils nauraient pas agi ainsi sils navaient eu la certitude que la position de lÉglise Catholique et de lÉglise Orthodoxe est sérieuse, et même irrévocable.
Il y a une trentaine dÉglises anglicanes dans le monde, avec 520 évêques et 70 millions de fidèles... La décision de ces Églises dordonner des femmes prêtres et évêques crée-t-il un nouvel obstacle pour leffort oecuménique? Non, répond le cardinal Ratzinger, car existe depuis le 16e siècle une conception différente du sacerdoce, considéré par les uns comme sacrement voulu par le Christ, par les autres comme service décidé par la communauté.
La position de lÉglise, ajoute le cardinal, nenlève rien à «légale dignité de lhomme et de la femme, surtout par rapport à la sainteté... Devant Dieu, à la fin, ne compte que la sainteté».
Le Pape lui-même adressait une lettre aux femmes, le 29 juin 1995, pour souligner leur dignité et leurs droits à la lumière de la Parole de Dieu.
Mais la décision de lÉglise catholique touchant la non-ordination des femmes savère inaltérable. Dans sa Lettre Apostolique du 22 mai 1994, le Pape écrivait: «Cest pourquoi, afin quil ne subsiste aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de lÉglise, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (Lc 22, 32), que lÉglise na en aucune manière le pouvoir de conférer lordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de lÉglise» («Ordinatio sacerdotalis»).
Le 28 octobre 1995, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi déclarait que cette doctrine appartenait «au dépôt de la foi» et quil fallait la «tenir de manière définitive». Elle «exige un assentiment définitif», affirme la Congrégation, «parce quelle est fondée sur la Parole de Dieu écrite, quelle a été constamment conservée et mise en pratique dans la Tradition de lÉglise depuis lorigine et quelle a été proposée infailliblement par le Magistère ordinaire et universel».
Les évêques du Canada adhèrent loyalement à cette position du Pape touchant la non-ordination des femmes, tout en faisant preuve de sensibilité pastorale pour une meilleure participation des femmes à la vie de lÉglise.
Retour à l'index de la section
Retour à la page principale
CD181196