LA SEXUALITÉ ET LA BIOÉTHIQUE

L’AVORTEMENT EST-IL LÉGITIME QUAND ON PRÉVOIT UN BÉBÉ INFIRME?

Si une jeune maman porte un enfant dans son sein, subit des examens pour savoir si l’enfant est infirme et apprend que les résultats sont positifs, peut-elle opter pour l’avortement?

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Avant même de répondre à cette question, me vient à la pensée Gianna Beretta Molla, cette femme médecin béatifiée par Jean-Paul II le 25 avril 1994. Elle a préféré sa mort à celle du bébé qu’elle portait. Elle savait que la naissance de ce bébé détruirait sa vie. En la béatifiant, le Pape voulait «rendre hommage à toutes les mères courageuses».

L’être humain, même infirme, même conçu à la suite d’un viol, reste un être humain. Il mérite le respect et a droit à la vie. Autrement, il faudrait conclure avec une certaine logique qu’il faut détruire tous les handicapés, tous les malades, tous les indésirables, toutes les personnes âgées...

Nous vivons dans le monde du plaisir et de l’efficacité. Qui ne répond pas à ces exigences risque d’être éliminé comme nuisible ou, du moins, inutile. Cette oeuvre de destruction est déjà commencée en bien des hôpitaux et des cliniques, du moins en ce qui concerne l’avortement, et même l’euthanasie active.

Vous avez subi un examen prénatal... De soi, cet examen est légitime, ainsi que toute étude du génome humain, pour des fins thérapeutiques, pour mieux déceler les bases génétiques des maladies et y remédier. Certainement pas pour tuer les embryons qui semblent porteurs de tares ou déficients, ou qui ne sont pas du sexe souhaité! Toujours, il faudra respecter la vie et l’intégrité du petit être humain, dès la conception, dès la fusion des gamètes. De plus, établir une carte génique de chaque personne comporte aussi le grave danger de l’eugénisme. À bon droit, Jean-Paul II s’en est préoccupé. Aux législateurs d’y voir! «Chaque être humain doit être considéré et respecté comme une personne dès le moment de sa conception».

Le prophète Jérémie faisait ainsi parler Dieu: «Avant d’être façonné dans le ventre maternel, je te connaissais. Avant ta sortie du sein, je t’ai consacré» (1, 5).

Dans la Charte des Droits de la Famille, publiée par le Saint-Siège en 1983, nous lisons: «La vie humaine a une valeur d’éternité; il faut la respecter et la protéger». Dès sa conception! C’est ce que prônait «Donum vitae», en 1987.

Bien des génies qui ont vécu dans le passé auraient couru le risque de ne pas naître s’ils avaient été conçus de nos jours.

Un enfant infirme fait souvent le bonheur de sa famille. Beaucoup pourraient en témoigner.

L’oeuvre de cet homme de Dieu qu’est Jean Vanier, pour les blessés physiques et surtout mentaux, vient providentiellement témoigner des richesses de ces petits que le monde méprise si allégrement. Ils ont tellement à nous apprendre et à nous donner; leur coeur est si affectueux et leur esprit si ouvert aux merveilles de la vie!

Et ne sommes-nous pas tous des handicapés?

Il y a de belles oeuvres chrétiennes et humanitaires pour subvenir aux besoins de ces blessés de la vie, souvent délaissés. Je pense à «Emmanuel, l’amour qui sauve», cette association localisée à Drummondville qui s’occupe de l’adoption d’enfants handicapés et déficients, trisomiques 21 (mongols) ou autres, facilement considérés inadoptables.

Si, maintenant, j’élève ma pensée au monde surnaturel, je me rappelle ce commandement énergique de Dieu: «Tu ne tueras pas» (Ex 20, 13; Dt 5, 17)!

La pression de la société est énorme pour qu’il y ait, dans le cas comme celui dont il est ici question, une interruption volontaire de la grossesse (I.V.G.), donc un avortement qui n’a rien de thérapeutique... Encourageons les personnes aux prises avec une décision difficile à prendre. Au besoin, suggérons la possibilité de l’adoption. Il y a des couples stériles qui seraient heureux d’adopter l’enfant.

La maman doit éviter ce grand mal de l’avortement, un mal rendu facile aujourd’hui, non seulement dans les cliniques, mais aussi par l’usage de contraceptifs abortifs, stérilet, pilule du «lendemain», pilule RU 486...

Pensant à ces petits êtres innocents que l’on tue sans pitié et par millions dans le sein maternel, comment oublier cet important message de Jésus: «Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt 25, 40)?

Ces petits, infirmes ou non, sont appelés à devenir enfants de Dieu par le baptême. Ils sont conviés à la fête éternelle.


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