LA SEXUALITÉ ET LA BIOÉTHIQUE

LA MASTURBATION EST-ELLE TOUJOURS DÉFENDUE?

C’est un sujet démodé et délicat… Lorsque j’étais adolescente, la masturbation était un péché mortel dont il fallait se confesser. Je ne commettais pas cette faute, mais j’avais très peur et j’avais des battements de coeur quand j’entrais au confesssionnal. Notre curé était un épouvantail.

Lorsque le mari a quitté le foyer, est-ce que la jeune femme délaissée, qui ne veut pas sortir avec d’autres hommes, est en santé et a quelquefois des désirs sexuels normaux, peut parfois se masturber sans être obligée de confesser cet acte intime et personnel qui ne dérange ni ne scandalise personne? Je me dis que c’est son corps.

De même une femme dont le mari n’a pas de santé et qui ne la touche pas depuis des années. Je sais que beaucoup de femmes se posent la question sans oser en parler, par pudeur.

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Je préférerais ne pas devoir répondre à de telles questions. Je connais la doctrine, mais je connais aussi les problèmes concrets d’hommes et de femmes. Je ne veux pas fausser les consciences. Je ne veux pas, non plus, culpabiliser les personnes scrupuleuses ou délicates. Toutefois, je réponds à votre question, car elle m’est souvent posée.

Dès l’abord, je signale la bonne volonté de ces personnes qui évitent une faute beaucoup plus grave, celle de l’adultère.

La masturbation, quel que soit notre état de vie, demeure en soi un désordre et, disons-le, un péché. L’Église a cru bon de le rappeler. Il faut réagir contre la publicité qui ne voit dans l’acte masturbatoire qu’un geste anodin et naturel.

Notre corps nous appartient-il? N’appartient-il pas plutôt à Dieu? Certains actes secrets peuvent ne scandaliser personne, mais ils peuvent offenser Dieu. Il y a des fautes contre le prochain, contre soi-même et des fautes contre Dieu.

Certaines circonstances atténuent la gravité de la faute. Ainsi, une habitude mauvaise prévient jusqu’à un certain point ou totalement la liberté de la volonté. Une habitude mauvaise, créée par une répétition d’actes, se remplace par une bonne habitude, créée par des victoires sur la tentation.

Même si la faute en soi est dite sérieuse, rappelons-nous qu’il faut connaissance suffisante et plein consentement de la volonté pour qu’il y ait faute grave. Tel n’est pas toujours le cas.

En évitant ce qui nourrit les tentations, les lectures érotiques et les films pornographiques, ayez une approche positive, sans dramatiser. Aimez le Seigneur, et priez-le. Priez aussi Marie, la toute-pure. Approchez-vous des sacrements. Dévouez-vous pour le prochain. Que votre vie soit équilibrée. Ayez la maîtrise de vous-même, dans une certaine ascèse. Tenez-vous occupée, car «l’oisiveté est la mère de tous les vices». La ferveur de votre vie chrétienne vous éloignera de cette tendance sensuelle facilement égoïste. Le sexe n’a pas été créé dans ce but. Soyez ferme devant la tentation, mais calme. Vivez joyeusement votre vie d’enfant de Dieu.


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