LA SEXUALITÉ ET LA BIOÉTHIQUE

MA BRU EST DEVENUE MÈRE PORTEUSE

Mon fils est marié et père de deux enfants. Il n’est pas riche, mais vit confortablement. Sa femme a décidé, pour avoir une automobile, de devenir mère porteuse. Elle attend un enfant d’un étranger dont la femme est stérile et qui adoptera l’enfant dès sa naissance, contre une somme de 20 000$.

Mon fils et sa femme m’avaient parlé de cette idée avant de le faire. Je leur ai dit que j’étais absolument contre cela, que je trouvais cela épouvantable.

Une femme qui a du coeur ne peut pas vendre un enfant qu’elle a porté. Selon moi, une personne qui peut faire cela pourrait tuer pour de l’argent. Mes autres enfants sont scandalisés et nous vous demandons comment réagir. Quelle est la position de l’Église sur la question des mères porteuses?

Jusqu’ici, j’ai ignoré la grossesse de ma belle-fille. J’ai de la peine pour ce bébé qui ne connaîtra pas sa vraie mère et qui saura peut-être un jour l’histoire de sa naissance. Je blâme mon fils de ne pas avoir défendu à sa femme de faire cela. Il me dit que mes idées ne sont pas évoluées. Je lui ai répondu que, pour les personnes de coeur, certaines choses ne changeront jamais.

***

Vous avez raison d’affirmer que certaines absurdités ne seront jamais de mise, non seulement au point de vue chrétien, mais même selon le simple bon sens. Ce que le progrès de la science rend possible n’est pas toujours selon l’éthique et pour le bien de l’humanité.

Déjà, des procès ont été intentés dans le cas des mères porteuses, qu’elles prêtent leur utérus gratuitement, ou qu’elles le louent. N’ont-elles pas naturellement le désir de garder ce petit être qu’elles ont soigneusement porté en leur sein pendant neuf mois? Ne sont-elles pas les vraies mères de ces enfants? Est-ce naturel de remettre à une étrangère cet enfant qu’elles ont nourri de leur sang? N’est-ce pas odieux de le vendre comme marchandise? N’est-ce pas agir contre la loi naturelle?

Quant à la paternité affective, ne l’emportera-t-elle pas sur la paternité biologique?

Un comité conjoint de l’épiscopat de Grande-Bretagne, composé d’évêques et d’experts, déclarait au sujet des mères de substitution: «La substitution viole effectivement la dignité humaine...».

À une forte majorité, les membres de la commission Warnock, commission créée par le gouvernement britannique, s’étaient opposés à la pratique des mères de substitution et à toutes les agences de «location de ventres».

Le nouveau Code civil du Québec déclare illégal cette «gestation pour le compte d’autrui» (art. 541), le cas des «mères porteuses». Tout contrat à ce sujet est invalide.

Le journal «La Croix» affirmait ceci: «L’être humain est à la fois biologique et relationnnel. Séparer les deux données représente un danger de dysfonctionnement pour l’homme et pour la société».

Cet enfant de la science apprendra un jour la vérité au sujet de sa naissance. Ne sera-t-il pas psychologiquement divisé et meurtri? Ce qui a motivé sa naissance, est-ce le désir de son bien-être ou le bon plaisir de ses parents?


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