JE REGRETTE NÊTRE PAS NÉ QUELQUES DÉCENNIES PLUS TARD
Je ne crois pas quil y ait encore des gens qui se préoccupent de futilités comme la masturbation. Dieu nest pas un bourreau et encore moins un tyran, tel quon nous la enseigné autrefois. Aujourdhui, la catéchèse des jeunes est axée sur un Dieu damour, moins occupé à nous chercher des poux. Pour les péchés, ils nen connaissent même pas le mot!
Pour les jeunes, tout est tellement plus simple, moins étriqué. Comme je les envie! Pour moi, Dieu nest pas à cheval sur les principes.
Tout cela nous venait dune époque puritaine où tout était très serré.
Cest dommage quil y ait tant de gens mêlés face à une religion si simple dès quelle est comprise.
Je vous trouve très courageux, vous autres, prêtres. Je
vous admire de rester debout, et de vous battre au nom du Christ.
***
Jai dû écourter cette lettre. Je suis contraint également décourter ma réponse. Répondre point par point me donnerait limpression de vouloir raccommoder un habit avec des étoffes chamarrées, alors quil faudrait changer tout lhabit. Tout lévangile est à redire.
Dans ce que mon interlocuteur mécrit, tellement de choses sont bonnes, lessentiel surtout qui rappelle que notre Dieu est un Dieu damour, un Dieu qui nous sauve parce quil nous aime. Cest là le message central de la catéchèse; cest la moèlle de lévangile.
Par ailleurs, je ne puis être daccord avec certains énoncés de la lettre. Et cela, par fidélité à ce même Dieu damour.
Sil régnait un certain rigorisme dans le passé, aujourdhui, les jeunes vivent dans un monde permissif, matérialiste, sensuel. Sont-ils plus heureux comme la lettre le laisse entendre? Nombre de ces jeunes vivent dans langoisse, sévadent dans la drogue, sécoeurent et se suicident.
Je ne suis pas sûr que cette religion «si simple» soit toujours comprise à fond. Lisons le Catéchisme de lÉglise catholique. Étudions la doctrine de lÉglise; elle se base sur lÉcriture. Ainsi le plan de Dieu sur la sexualité ne conduit pas au plaisir sensuel égoïs-te, comme est la masturbation. Cest pour cela que lÉglise, comme autrefois, sy oppose. La pureté et la maîtrise de son corps sont toujours de mise pour un chrétien. Notre corps nest-il pas le temple de Dieu (I Co 6, 19)? Sil connaît des faiblesses, ne les justifions pas.
Pour qui aime le Seigneur, la fuite du mal, quel quil soit, nest pas une futilité. Même si certains péchés, - ils existent toujours! -, sont beaucoup plus graves. Nier le péché, cest nier la rédemption.
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CD231196