PROBLÈMES DE MORALE ET DE BIOÉTHIQUE

Les homosexuels ont-ils une place sans équivoque?

Les homosexuels prennent-ils trop de place dans notre societé? Je réponds: les homosexuels ont-ils une place sans équivoque, d’égalité franche, à part entière, dans notre societé? Par expérience personnelle, je répondrais non.

Vous écrivez bien et juste, en signalant que cette orientation, dans la plupart des cas, n’est pas un choix, une prédilection. Cette orientation remonte aux premières lueurs de la conscience, aux premiers tiraillements de la sensualité. En plus, tout au cours de la croissance affective de la personnalité jusqu’à l’âge adulte, la situation marginale devient un fardeau, une cause multiforme de difficultés, de rejets, de portes qui se ferment, etc.

Avec l’âge et les années, cette croix se fait de plus en plus lourde, qu’on veuille s’y soustraire ou pas...

Derrière la mauvaise image laissée au public par certaines manifestations dégradantes et du plus mauvais goût, il existe un bon nombre d’homosexuels qui aspirent ou ont aspiré à une vie affective stable, équilibrée, propre, faite de respect, d’amour et de fidélité, malgré l’énormité des difficultés rencontrées.

Recevez l’expression de mes sentiments distingués.

L’homosexualité, dont il est ici question, ne concerne pas les amitiés entre adolescents d’un même sexe, amitiés parfois d’ordre sensible, mais ordinairement en route vers des amitiés hétérosexuelles.

Derrière le langage poli et respectueux de mon interlocuteur se cachent beaucoup de souffrances dues à l’incompréhension et au rejet, sinon au mépris. Pourtant, les homosexuels et les lesbiennes sont aussi des enfants de Dieu.

La personne qui m’écrit s’oppose à certaines démonstrations plus ou moins vulgaires qui portent discrédit aux homosexuels qui souhaitent vivre dignement leur état de vie.

Je crois qu’il est opportun de relire les interventions de nos pasteurs pour que les homosexuels soient traités avec respect. Si les actions d’homosexualité ne sont pas moralement acceptables, l’orientation homosexuelle n’est pas une faute.

Il faut comprendre l’attitude de nos pasteurs face à la législation civile. Ainsi, en mai 1996, le parlement du Canada votait un amendement pour ajouter l’orientation sexuelle dans la liste des discriminations prohibées. L’Église a exprimé sa crainte qu’une telle décision ne soit un obstacle à l’enseignement de l’Église et de l’école sur la sexualité. Elle redoute une incompréhension du mariage et de la famille. L’Église ne peut dévier du plan de Dieu sur la sexualité. Aussi, trouve-t-elle nécessaire de refuser la possibilité du mariage entre gens d’un même sexe, et elle ne souhaite pas qu’ils puissent adopter des enfants dans un tel contexte.

Beaucoup d’homosexuels veulent s’épanouir dans la vie. Respectueux de la volonté divine, fortifiés de sa grâce et des sacrements, ils peuvent et doivent se sanctifier. Ainsi en est-il des membres du groupe "Courage", une organisation qui a vu le jour à New York, en 1980. Dans la prière, dans le partage, dans la fraternité, ils se pacifient et vivent selon l’enseignement de l’Église. Ils rejettent comme prohibés les actes d’homosexualité. Que tous les homosexuels reçoivent des marques d’une charité dont nous tous avons besoin. De cette charité le Christ a donné un exemple non équivoque.


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