PROBLÈMES DE MORALE ET DE BIOÉTHIQUE

Est-ce de l’euthanasie que de refuser la chimiothérapie?

Une personne atteinte de cancer doit-elle accepter les traitements de radiothérapie ou de chimiothérapie?

Les refuser, est-ce de l’euthanasie? Le médecin ne se livre-t-il pas à un suicide assisté?

Il y a confusion des termes, euthanasie, acharnement thérapeutique, branchement sur les appareils... Tout est embrouillé, ce qui favorise la désinformation et suscite une fausse compassion dans le public.

L’Église s’est opposée de tout temps à l’euthanasie (du grec eu: bien, et thanatos: mort). Par euthanasie, il faut entendre toute méthode qui, volontairement, provoque la mort d’une personne, avec son consentement ou non, sous prétexte de mettre fin à la douleur. Causer la mort est le but de l’euthanasie.

Il s’agit, bien sûr, de l’euthanasie véritable. Il s’agit donc d’une action ou d’une omission qui procure la mort. Cette action peut être une injection mortelle. Cette omission consisterait à ne pas fournir, en telle situation, un moyen proportionné de survie, comme le refus de nourriture ou celui d’un traitement médical normal.

"Quels qu’en soient les motifs et les moyens, l’euthanasie directe consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. Elle est moralement irrecevable", nous enseigne le Catéchisme de l’Église catholique. C’est un acte meurtrier toujours à proscrire (2277).

Un monde matérialiste, où n’a de place que la rentabilité, cherche à légiférer en faveur de l’euthanasie, sous prétexte de condescendance pour les souffrants; demain, ce sera pour alléger le fardeau de la parenté et de la société.

Il ne faut pas conclure que la personne malade doive utiliser tous les moyens imaginables pour survivre, souvent au prix d’interminables douleurs. L’Église, si elle rejette l’euthanasie comme un crime, n’oblige personne à l’acharnement thérapeutique, à des traitements inutiles ou au coût exorbitant. Souvent il ne s’agit pas d’une vie prolongée, mais d’une mort prolongée. Déjà, en 1957, Pie XII parlait des problèmes religieux et moraux causés par la réanimation.

Il n’y a pas d’obligation de prendre des moyens ou des médicaments fort coûteux pour vivre plus longtemps. Si quelqu’un peut se permettre de tels remèdes utiles sans devenir un fardeau trop onéreux pour les siens, tant mieux! Mais rien ne l’y oblige. Ajoutons qu’il est permis de prendre des calmants, des analgésiques, même s’ils peuvent hâter la mort.

Pour ce qui est des traitements du cancer par radiothérapie ou chimiothérapie, ils ne sont pas de rigueur et de nécessité s’ils sont considérés comme des moyens inappropriés pour tel malade, dans la situation qu’est la sienne. Les effets secondaires sont parfois pénibles. En certains cas, ils n’offrent qu’un sursis relatif à la mort. Il est alors permis de refuser ou d’interrompre le traitement.

En d’autres cas, selon l’avis des médecins, ils fournissent une aide précieuse et peuvent guérir le malade; alors, sans qu’ils soient moralement obligatoires, il serait imprudent de ne pas les utiliser.

Quoi qu’il en soit, en ces moments de douleur, les soins palliatifs demeurent importants et bénéfiques, grâce au corps médical, aux parents et amis, à l’équipe pastorale.


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