LE SACREMENT DE PARDON

Que sont devenues les indulgences partielles et plénières?

Parlez-nous des indulgences? Que sont devenues les indulgences partielles et plénières? Où, quand et comment peut-on encore en obtenir? Une indulgence plénière équivaut-elle à une confession? Comment les recevoir et à quelles conditions?

Il existe un livre qui traite des indulgences. C’est "l’Enchiridion indulgentiarum", le manuel des indulgences.

Les indulgences furent populaires au temps des croisades. S’il y eut des abus au Moyen-Âge dans l’usage des indulgences, il y eut dramatisation excessive de ces abus. Les indulgences ne peuvent se trafiquer. Ce serait de la simonie.

L’Église a reçu du Seigneur le pouvoir de pardonner les péchés; elle a reçu également de lui le pouvoir de remettre les peines dues aux péchés par l’octroi d’indulgences. Le concile de Trente l’atteste. Nous en profitons selon nos dispositions intérieures.

Ce pouvoir de l’Église, du pape et des évêques, ressemble à celui de la loi civile qui peut adoucir certaines peines. Depuis le début de l’Église, l’Église a commué certaines peines canoniques, un peu à la façon de saint Paul (2 Co 2, 5-10); c’était une sorte d’indulgence. L’Église, par son intercession auprès de Jésus, peut remettre les peines ou les changer en prières ou actions charitables.

Il n’est pas question de la peine éternelle due aux péchés graves non regrettés. Il s’agit de peines temporelles dues aux péchés pardonnés. Ces péchés encourent une peine temporelle en cette vie ou dans le purgatoire; l’Église peut atténuer cette peine temporelle par des indulgences.

Les indulgences ne remplacent pas la confession. Elles sont partielles ou plénières, selon qu’elles enlèvent partiellement ou totalement la peine temporelle due pour les péchés pardonnés (Can. 993); elles sont aussi destinées à un accroissement de ferveur et de charité.

L’indulgence plénière ne peut se gagner qu’une fois par jour, excepté au moment de la mort. Pour l’acquérir, il faut la confession sacramentelle, la communion et une prière pour le Souverain Pontife, pas nécessairement le jour où se gagne l’indulgence plénière, mais dans les quinze jours qui précèdent ou suivent l’octroi de l’indulgence. En effet, l’Église pose certaines conditions pour l’octroi de ces indulgences. Elle exige surtout l’état de grâce et le regret des péchés. Rien n’est magique.

Le pape Paul VI avait apporté des modifications aux indulgences en publiant l’Enchiridion le 29 juin 1968. Le 18 mai 1986, après la publication du nouveau Code de Droit canonique et celle de nouvelles lois liturgiques, l’Église a amélioré et simplifié cette discipline des indulgences.

Les indulgences partielles ne spécifient plus leur durée en années ou journées ou "quarantaines". À Dieu d’y voir; lui seul sait comment le temps se calcule après la mort.

Comme la messe et les sacrements possèdent un pouvoir exceptionnel de sanctification et de purification, nulle indulgence ne leur est attachée. Mais, en trois concessions générales, et pour stimuler notre vie chrétienne, l’Église accorde des indulgences partielles: premièrement, quand nous élevons notre coeur vers Dieu, même si aucune prière n’est formulée; deuxièmement, quand, par esprit chrétien, nous accomplissons de bonnes actions; troisièmement, quand nous faisons pénitence.

Pour favoriser notre ferveur, l’Église attache aussi des indulgences à certaines prières d’inspiration divine ou de valeur universelle, comme le credo, le magnificat, les litanies...; à certaines actions comme l’adoration du Saint-Sacrement, la lecture de la Bible, la récitation du chapelet à l’église ou en famille, l’écoute de la prédication...; à l’usage d’objets bénits comme une croix, une médaille, un scapulaire, un chapelet... L’Église encourage ainsi la ferveur religieuse.

Nous ne pouvons gagner des indulgences pour d’autres personnes vivantes, mais nous pouvons le faire pour les défunts, comme pour nous-même (Can. 994).

Formulons dans notre coeur l’intention de gagner toutes les indulgences possibles.


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