QU’EN EST-IL DE L’IMPOSITION DES MAINS ?

 Est-ce que l’imposition des mains est une coutume ancienne ?

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Le rite de l’imposition des mains ne date pas d’hier. Il existait bien avant que le Renouveau charismatique en ait répandu l’usage. Ce geste, souvent religieux, était populaire même avant le christianisme. Nous en trouvons des traces dans les cultures égyptiennes, grecques et romaines, longtemps avant la fondation de l’Église chrétienne.

Il a toujours semblé naturel d’imposer les mains sur quelqu’un pour lui transmettre je ne sais quoi, une force divine, une grâce opportune, une bénédiction, ou simplement une marque d’amitié.

Ne voyons-nous pas les parents poser une main sur la tête ou l’épaule de leur enfant, en signe évident d’affection et de protection ? Ils font de même en certaines circonstances solennelles, au premier jour de l’an, avant son mariage ou s’il tombe malade.

Dans l’Ancien Testament

Dans le premier livre de la Bible, la Genèse, Jacob accomplit un geste de bénédiction en faveur des deux enfants de son fils Joseph. Il pose sa main droite sur la tête d’Ephraïm et sa main gauche sur la tête de Manassé et dit : « Soyez en bénédiction » (Gn 48, 14-20).

En d’autres circonstances, l’imposition des mains fait partie d’une cérémonie religieuse qui consacre des prêtres ou des prophètes au service de Yahvé (Nb 27, 18, etc.).

Par l’imposition des mains, des animaux sont chargés des péchés humains et sont chassés dans le désert (Lv 16, 20-22, etc.).

Dans le Nouveau Testament

Ouvrons les livres du Nouveau Testament, nous serons surpris de trouver tant de passages qui relatent des événements où se fait l’imposition des mains.

Les raisons varient. L’imposition des mains est souvent utilisée comme geste de guérison, tout en révélant l’amitié, la compassion, la foi de ceux qui imposent les mains sur un malade, un infirme ou un possédé (Mc 5, 23 ; Lc 4, 40, etc.). Ce geste de charité, Jésus le pose souvent durant son ministère public. Il bénit aussi les enfants dont il admire l’innocence (Mc 10, 13-16 ; Mt 19, 13-15).

Les apôtres imitèrent le Seigneur. Le Christ Jésus n’avait-il pas demandé à ses disciples d’imposer les mains aux malades, en vue de la guérison (Mc 16, 18) ? L’imposition des mains servait aussi pour transmettre un ministère, tel celui de l’évangélisation. Elle attirait la présence et l’action de l’Esprit Saint (Ac 6, 6 ; 8, 18 ; 9, 12).

Un cas typique est celui où les premiers chrétiens imposent les mains à Paul et à Barnabé pour ensuite les envoyer en mission, forts du dynamisme reçu de l’Esprit Saint (Ac 13, 2-3). De même aussi quand vient le temps de choisir sept hommes de foi pour le service des tables (Ac 6, 6).

Saint Paul marque sa conversion sur le chemin de Damas en se faisant imposer les mains ; il recouvre alors la vue (Ac 9, 12. 17).

Lors de son passage à Éphèse, il constate que quelque chose d’important manque aux chrétiens du lieu : ils n’ont pas reçu l’Esprit Saint. Alors, Paul leur impose les mains, ils reçoivent l’Esprit Saint, prophétisent et parlent en langues (Ac 19, 1-7).

L’Église se sert souvent de l’imposition des mains

L’Église marche dans les pas de son Fondateur et utilise fréquemment le geste de l’imposition des mains. Elle ne le fait pas comme un geste magique, mais dans la prière humble et confiante. Nous n’avons qu’à penser aux sacrements : au baptême, à la confirmation, au sacrement du pardon, à l’Eucharistie, à l’ordination, à la bénédiction du mariage, au sacrement des malades.

Dans les groupes de prière du Renouveau dans l’Esprit, les chrétiens imposent souvent les mains pour que l’Esprit Saint envahisse l’esprit et le coeur de ceux et celles qui s’ouvrent à ce ministère. Ils le font tous ensemble ou en équipe, ce qui assure la puissance et l’équilibre de la prière. Plusieurs charismes sont déjà à l’oeuvre au sein du groupe chargé de la prière avec imposition des mains : ouverture à la Parole de Dieu, au prophétisme, au discernement, à la glossolalie.

Même s’ils ont déjà reçu l’Esprit Saint au baptême et à la confirmation, pourquoi ceux à qui on impose les mains ne pourraient-ils pas recevoir une nouvelle effusion de l’Esprit qui les fasse progresser sur le chemin de la sainteté et de l’apostolat ? Toute nouvelle infusion de l’Esprit reçue dans la foi assure un meilleur usage des dons mystiques et charismatiques que l’Esprit d’amour donne en abondance. Dans son encyclique sur l’Esprit Saint, Jean-Paul II écrivait : « Après sa résurrection, le Fils de Dieu a envoyé son souffle sur ses apôtres et il a dit: ‘Recevez l’Esprit Saint’. Ce ‘souffle’ continue toujours. L’Esprit Saint vient affermir l’homme intérieur » (Dominum et vivificantem).

Si nous sommes prêts à imposer les mains à d’autres, sachons obtenir la même aide fraternelle pour nous-mêmes. Ne recevons pas cette imposition des mains comme un procédé qui nous branche sur une supposée Énergie cosmique. Recevons-la pour avancer sous le souffle de l’Esprit Saint. La prière avec imposition des mains produit toujours des fruits : « Tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l’obtiendrez » (Mt 21, 22).


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